1 février 2016

L’économie de la connaissance

Introduction à la pensée de Marc Luyckx en vue de la conférence du 23 février

De la même façon que nous sommes passés de l’ère agricole à l’ère industrielle, nous vivons actuellement une transition de même ampleur vers l’ère de la connaissance.

Selon Peter Drucker, grand théoricien du management des organisations, “la connaissance est l’unique ressource qui ait du sens aujourd’hui. Les « facteurs de production » traditionnels – la terre (c’est-à-dire les ressources naturelles) le travail et le capital, n’ont pas disparu, mais ils sont devenus secondaires. Ils peuvent d’ailleurs être obtenus facilement, à condition qu’il y ait de la connaissance. Et la connaissance dans cette nouvelle acception, signifie la connaissance comme une matière première (utility), la connaissance devient un moyen d’acquérir des résultats sociaux et économiques.

Cette société post-industrielle qui se construit sur l’échange doit néanmoins relever le défi de l’emploi. Parviendra t’elle à fournir du travail pour tous ? Sujet délicat et peu débattu sur le fond par les politiques car il nécessite de remettre en cause l’ensemble des valeurs fondamentales du système actuel (la nature du pouvoir, du commerce, de l’économie, de l’argent, du management, de la croissance et du progrès) et de les envisager non plus sous un angle quantitatif mais dans une approche qualitative.

Dans la logique de ce modèle, des acteurs auparavant concurrents se mettent à partager des informations en réseau, mus par un objectif qui dépasse les indicateurs court-termistes et dessine les contours de nos “communs”. Les valeurs guerrières patriarcales sont dépassées et la compétition fait place à la collaboration : le système est mature, “chaque partie, entité ou personne poursuit son intérêt personnel d’une manière qui ne compromet pas la santé de l’ensemble. Il y a donc collaboration, mais d’une manière qui ne lèse ni les intérêts des personnes ni l’intérêt du réseau lui-même.” (lire p.101)

Le commerce lui-même est remis en cause puisqu’il est basé sur la cession et l’échange : ce que je donne, je ne l’ai plus. Or, dans l’économie de la connaissance, lorsqu’une connaissance est transmise, elle reste accessible aux deux parties. Socrate déjà disait : “Le savoir est la seule matière qui s’accroît quand on la partage

Ces nouveaux modes d’échange structurés autour du partage se manifestent principalement dans les villes et les régions. A cette échelle, le terrain est favorable pour faire émerger des synergies, naître de nouveaux systèmes éducatifs et opérer  “la mutation politique vers la transmodernité et la société de la connaissance.” (lire p.63)

 

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