20 février 2016

Cliquez pour prolonger le débat : la fin du patriarcat

Introduction à la pensée de Marc Luyckx en vue de la conférence du 23 février

D’après de récentes recherches archéologiques, il apparaît de plus en plus probable qu’un autre type de société régissait la vie des femmes et des hommes il y a 5000 ans. Enraciné dans le culte de la déesse-mère, ce modèle dit “matrilinéaire”, loin d’être un patriarcat renversé où la femme dominerait l’homme, est une forme originale de composition entre la femme, l’homme et le sacré.

« Dans ces civilisations, le sacré était articulé autour des valeurs du don de la vie, de la fécondité, donc aussi du plaisir sexuel, de la création artistique et de l’esthétique. Le pouvoir était un concept positif, axé sur la vie. Il signifiait « faire grandir », « faire vivre », « épanouir » et, à cette fin, établir des normes favorables à l’épanouissement de la vie. » (lire p.33)

Ce vivre-ensemble centré sur la vie a été foudroyé par la déferlante du modèle patriarcal reposant sur des valeurs de soumission au mâle dominant, de violence et de mort.

Le récit du péché originel, dans la bible, permet de justifier cette transition d’un monde à l’autre en « diabolisant et avilissant les rites et symboles les plus sacrés du récit primordial féminin et en sacralisant avec violence les symboles du nouveau récit patriarcal. » (lire p.35) Tous les symboles sont détournés les uns après les autres : la femme source de vie et de croissance est devenue une malédiction entraînant l’homme dans le péché, le serpent autrefois symbole de sagesse éternelle devient le démon en personne, les fruits de l’arbre de vie deviennent mortels et enfin, non seulement honteux d’être nus, l’homme et la femme culpabilisent des plaisirs de leur sexualité.

Considéré comme le récit sacré des origines, la bible “efface” toute forme d’organisation humaine hors patriarcat. Si bien que beaucoup ignorent même l’existence de l’époque matrilinéaire : « Nous sommes donc encore et toujours prisonniers de ce récit « originaire » patriarcal qui continue à fonder nos vies individuelles et collectives depuis des milliers d’années, puisque les choses ont toujours été ainsi. » (lire p.37)

L’intérêt de mettre en lumière ces découvertes sur les organisations matrilinéaires est d’ouvrir le champ des possibles dans une société qui considère trop souvent qu’il n’y a pas d’alternative au patriarcat. Non, il ne s’agit pas de la voie unique pour construire des relations humaines. Ce n’est qu’une parenthèse, extrêmement violente, de notre évolution. Or, aujourd’hui, elle ne saurait répondre aux défis sociaux et environnementaux qui se présentent à nous.

Il est temps d’opérer une reconnexion avec la nature, avec le cosmos, avec une nouvelle forme de sacré. Marc Luyckx se veut optimiste et compte sur la jeune génération pour reconstruire cet idéal de vivre-ensemble basé sur des valeurs de vie !

 

 

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