10 avril 2017

Urbain – rural : vers une alliance des territoires

Le 24 mars, une vingtaine de Conseils de développement ont participé à Paris à un groupe de travail sur la thématique « urbain-rural ».


Après un échange entre Conseils de développement de pays, PETR, territoires intermédiaires et Conseils de développement de métropoles, les  groupes de travail se sont réunis pour confronter leurs points de vue et faire émerger des points de convergence.

Urbain / rural une question avant tout institutionnelle ?

La dichotomie urbain / rural a-t-elle encore un sens ?
Les modes de vie dépassent bien souvent la notion de périmètre institutionnel : les déplacements entre domicile et lieux de travail, les modes de vie, les nouveaux usages et fonctions des centres villes, du périurbain, tendent à remettre en question cette opposition. Les habitants, à la fois urbains et ruraux parcourent des territoires qui deviennent mixtes.
Les habitants se sentent bien souvent concernés par des problématiques concrètes qui les touchent directement, telles que la mobilité ou la déshérence des centres bourg,… Les réponses à y apporter dépassent bien souvent les périmètres institutionnels, qui ne correspondent pas forcément au territoire vécu par les habitants.  Il s’agit d’un point de rupture à dépasser,  pour réinventer les modalités de l’action publique et renforcer les coopérations entre les territoires.

S’appuyer sur les richesses du territoire pour inventer des modèles de développement adaptés

Du point de vue des métropoles, les territoires ruraux sont souvent perçus à l’aune de leurs potentialités récréatives, agricoles, touristiques,…Or, il s’agit d’une vision réductrice, qui ne prend pas en compte les différents modèles de développement économiques poursuivis par les territoires ruraux et les villes intermédiaires.
Chaque territoire a des richesses à valoriser, qui lui permettent d’inventer un modèle de développement adapté au contexte local et d’assumer un positionnement économique différent de celui des métropoles.

L’Alliance des territoires : vers la généralisation des logiques de coopération

Territoires urbains et ruraux sont appelés à inventer un récit commun, imaginer un avenir partagé pour éviter le piège d’une dissymétrie.
Les métropoles ont une responsabilité pour dépasser le repli sur soi, en se tournant davantage vers les territoires voisins y compris les territoires transfrontaliers.
Comment devenir un système de territoires collaboratifs plutôt qu’un territoire exclusif ?
Au niveau infraterritorial, des exemples de coopération existent :
–    entre villes moyennes à l’image du Pôle métropolitain Centre-Atlantique, territoire de 512 000 habitants formé par 9 intercommunalités entre Niort et La Rochelle.
–    A l’échelle des métropoles,  à l’instar de la Métropole de Nancy qui organise un dialogue avec les communes rurales dans le cadre du plus grand Schéma de Cohérence Territoriale de France (SCoT Sud 54) : 476 communes, 570 000 habitants sur un territoire de 4 200 km2.

A l’échelle interterritoriale, des coopérations se mettent également en place. La Métropole de Lyon a ainsi signé un Pacte de Réciprocité avec le Pays d’Aurillac. Les effets sont à relativiser, au vu des moyens financiers limités qui y sont consacrés à l’heure actuelle.

Quel rôle pour la société civile et les Conseils de développement ?

En réponse aux logiques de concurrence, qui peuvent être intériorisées depuis plusieurs années,  la société civile est en capacité de proposer une nouvelle approche en questionnant les relations entre métropoles, villes moyennes et territoires ruraux avec une vision à long terme.

Dans les territoires ruraux, certains Conseils de développement jouent un rôle spécifique : ils permettent une mise en réseau des acteurs pour faciliter la mise en place de projets partagés, à l’instar d’une agence locale de développement.

Les Conseils de développement peuvent se positionner dans une logique de coopération interterritoriale, en se constituant en réseau à l’image du Réseau des Conseils de développement bretons, de la Conférence Régionale des Conseils de développement de la Région Grand Est ou de la Coordination Régionale des Conseils de développement des Hauts-de-France.

A l’occasion d’un élargissement des périmètres des intercommunalités, un certain nombre de Conseils de développement se réinterrogent sur leur composition. Pour tenir compte de la complexité des territoires, un système de collège territorial peut être mis en place, avec des membres désignés par les différentes communes.

Quelques pistes de réflexion

A l’issue de cette journée de travail, les participants ont lancé quelques pistes de réflexion :
–    Comment offrir une équité de services à tous les habitants, dans un contexte marqué par une diminution des services collectifs dans les territoires péri-urbains ?
–    Quelles formes de solidarités mettre en place entre métropoles et territoires ruraux ?
–    Quelles sont les formes de coopération entre Conseils de développement qui fonctionnent ? Sur quels périmètres ?

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