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9 décembre 2019

Les déplacements domicile-travail

Le Conseil de développement de la CARENE (Saint-Nazaire Agglomération) a initié une collaboration avec ses Conseils de développement voisins. Rapidement, une problématique a émergé : les déplacements domicile-travail. D’après une étude publiée en 2016, plus de 70% des habitants de la CARENE et de Cap Atlantique utilisaient la voiture lors de leurs déplacements, en particulier pour aller travailler (80%). 20 à 30% des habitants des agglomérations voisines se déplaçaient sur la CARENE pour leur travail. Ce constat a conduit à l’élargissement de la réflexion à tous les autres conseils voisins : Sud Estuaire, Pontchâteau-Saint-Gildas, Pornic Agglo Pays de Retz et Estuaire et Sillon.

Les déplacements domicile-travail (2019)

Méthodologie

Un groupe de travail comprenant deux à trois membres de chaque Conseil de développement a été constitué. Il s’est attaché à connaitre plus précisément le comportement des travailleurs et des chefs d’entreprise de chaque territoire, afin de savoir si des évolutions vers des modes de déplacement plus doux, plus écologiques ou plus économiques étaient possibles dans le cadre des trajets domicile-travail.

Les membres ont élaboré un questionnaire, administré à des entreprises dans des zone artisanales ou industrielles de chaque territoire. 800 réponses ont été collectées. A partir des résultats de l’enquête, les membres ont décidé d’organiser une journée pour recueillir la parole citoyenne autour de trois thèmes : le covoiturage, l’intermodalité dans les déplacements domicile-travail et la sensibilisation des employeurs.

Perception des pratiques locales

Les citoyens sont en attente de nouveaux moyens de déplacement, que ce soit pour des raisons personnelles ou professionnelles.
Ils sont conscients que l’usage exclusif de la voiture, notamment en milieu rural et périurbain, doit être complété et remplacé par des alternatives moins couteuses et moins polluantes. Une solution unique et applicable sur l’ensemble du territoire ligérien ne peut pas s’imposer par nature, compte tenu des disparités géographiques, de densité de population, de situations et donc d’équipements publics.

Le manque d’infrastructures adaptées semble constituer un frein important au changement de pratiques dans les mobilités. Des freins situationnels au changement existent également, liés à la présence d’enfants, de charges à transporter ou aux contraintes temporelles.
Cet aspect est à compléter par le manque d’envie de changer, notamment liée à la satisfaction apportée par l’utilisation de la voiture qui procure un sentiment très fort de liberté, de flexibilité et d’autonomie en comparaison avec les autres modes de déplacement.

Des alternatives envisagées à l’encontre des solutions publiques généralement proposées

La pratique du vélo, et dans une moindre mesure de la marche à pied sont bien identifiés comme des perspectives d’évolution des pratiques de mobilité des participants, qu’ils soient retraités ou actifs. Ainsi, ils déclarent afficher une préférence pour les modes individuels, conformément à des enquêtes similaires menées ailleurs en France.

C’est un paradoxe vis-à-vis des orientations actuelles de la société, le développement de lignes de bus ou de transports à la demande étant fréquemment la solution envisagée par les élus et/ou demandée par les citoyens pour répondre aux problèmes de mobilité dans les territoires de faible densité et dans un contexte de réduction budgétaire des collectivités.

La place de la voiture questionnée

La voiture reste bien souvent indispensable en milieu rural, mais les pratiques peuvent évoluer pour donner plus de place aux autres
usages, comme l’autopartage, ou les modes doux (lorsqu’ils sont adaptés pour l’usager). En d’autres termes, il faut s’ouvrir sur le développement de nouvelles offres de mobilités reposant sur un bouquet de modes dans lequel la voiture a aussi sa place et sa pertinence.

Le covoiturage, des pratiques à développer

Le covoiturage pourrait se développer dans le cadre de déplacements pendulaires, mais il est souvent vécu par le conducteur, mais aussi par les passagers, comme une suite de contraintes. Des outils sont nécessaires pour en faciliter l’organisation (notamment entre collègues). Cette évolution potentielle devrait donc être accompagnée, notamment dans le cadre de Plans de Mobilité. Des dispositifs associant solidarité et mobilité pourraient être mis en place : bénévolat de proximité, soutien financier,…

Des leviers pour développer l’intermodalité

  • Renforcer la qualité de l’information en créant un guichet unique d’informations sur la mobilité pour renseigner sur les outils existants et répondre  aux personnes qui ne maitrisent pas les outils informatiques.
  • Rendre les transports en commun plus accessibles (horaires, localisation des arrêts de bus, trajets, coût,…)
  • Aménager l’espace pour développer la pratique de modes de déplacements complémentaires et ainsi de faciliter l’intermodalité.
  • Développer la coopération entre collectivités organisatrices des transports (aménagement, mise en place d’outils,…)
  • Développer de nouvelles manière de travailler (coworking, télétravail,…)
  • Réorganiser l’accès à certains services du quotidien ou rapprocher ces services au plus près de l’entreprise.

Pistes d’actions pour les entreprises

  • Convaincre les employeurs, les salariés et leurs représentants dans l’entreprise qu’il est possible de changer de pratiques
  • Encourager la mise en place d’un Plan de Mobilité pour optimiser l’efficacité des déplacements des salariés d’une entreprise, pour leur faciliter l’accès à leur lieu de travail, diminuer les émissions polluantes et réduire le trafic routier.

Télécharger la contribution sur le site internet du Conseil de développement de la CARENE (2019)

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