Close

10 février 2020

Contribution du Codesqy au Grand débat National

Refonder le fonctionnement démocratique, en s’appuyant sur une citoyenneté engagée et des pratiques politiques responsables

Le Conseil de développement de Saint-Quentin-en-Yvelines (Codesqy) a proposé une contribution sur le thème « démocratie et citoyenneté » dans le cadre du Grand Débat National.

Pour le Codesqy, la crise actuelle de la démocratie et de la citoyenneté est une manifestation d’évolutions sociétales profondes, à l’œuvre depuis des décennies, et amplifiées plus récemment par les outils numériques:

– évolutions des comportements et des attentes conduisant à la fragmentation de la société : développement de l’individualisme, du repli sur soi ou des approches communautaires, au détriment du sens collectif ; développement des postures consuméristes, notamment vis-à-vis des politiques publiques;

– abaissement du statut des idées dans la vie sociale : affaiblissement du débat sérieux et raisonné, au profit de l’opinion instantanée et de l’émotion, inclination des media pour le sensationnel au détriment de l’analyse ;

– enfin, plus récemment, ces tendances trouvent un terreau favorable à leur développement dans les outils numériques, notamment les réseaux dits sociaux : délitement du lien de proximité familiale ou de voisinage au profit des liens virtuels avec des anonymes ; diffusion virale des «fake news» ; enfermement de chaque internaute dans sa bulle d’information sélective, ce qui fait le lit des explications simplistes du monde et des thèses complotistes, conduisant à la libération des discours haineux et du harcèlement à l’abri de l’anonymat offert par les réseaux.

Les politiques publiques sont marquées, quant à elles, par une incapacité chronique,depuis quatre décennies, à faire reculer le chômage et le creusement des inégalité set à prévenir les crises. L’échec répété des réponses politiques successives a sapé, à la longue, la crédibilité de toute parole politique, le discrédit s’élargissant aux représentants de la République en général et aux institutions elles-mêmes. Cette perte de confiance est loin d’être généralisée, mais elle est particulièrement vive dans certaines fractions de la population, au point de représenter un risque majeur, car les deux évolutions font système, dans un effet boule de neige. D’un côté, les attentes sont de plus en plus centrées sur l’immédiat et les besoins individuels, alors que les réponses politiques prennent nécessairement en compte l’intérêt général et prennent du temps pour porter leurs fruits. La relation gouvernant-gouverné devient fortement émotionnelle, les arguments de nature rationnelle y sont vécus comme des tentatives de tromperie, l’insuffisance des réponses comme de l’absence d’écoute, et l’ensemble comme du mépris. De l’autre côté, les propositions politiques populistes prospèrent sur cette incompréhension, en même temps qu’elles entretiennent la colère. Dans ce contexte de montée des inquiétudes, de la perte de repères et d’effritement du lien social, la recherche de solutions à la crise actuelle ne pourra éluder le traitement des problèmes de fond évoqués ci-dessus. Il s’agira de trouver les moyens pour restaurer le sens de l’intérêt général, du dialogue et de l’écoute, là où le fil du dialogue est rompu.

Il s’agit de refonder le fonctionnement démocratique, en s’appuyant sur une citoyenneté engagée et des pratiques politiques responsables.

Téléchargez la contribution (mars 2019)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *